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Introduction
Le Château de Cheverny servit de modèle à Hergé pour dessiner Moulinsart. Hergé découvrit ce château, à travers une brochure touristique du Loir et Cher. Depuis, pour les tintinophiles, ce lieu est devenu mythique à leurs yeux. Depuis 2001, se trouve à côté du Chateau, l'exposition " Les Secrets de Moulinsart " organisé par la Fondation Hergé et le Château de Cheverny.
Description
Avec Moulinsart, le cadre de vie de Haddock et de ses amis connut une somptueuse évolution. L’appartement que le capitaine occupait jusque-là était chichement meublé, presque spartiate : une table et des chaises solides. Seule décoration, une collection de peintures maritimes dont la plus notable est le portrait de son illustre ancêtre, le chevalier François de Hadoque, entouré d’un cadre ouvragé.
L’appartement de Tintin, rue du Labrador, est plus confortable : la bibliothéque est bien remplie, la vue agréable, le fauteuil rouge accueillant. Le professeur Tournesol habite un atelier-laboratoire strictement fonctionnel, il est équipé d’un lit-placard repliable pour gagner de l’espace. Moulinsart, c’est tout autre chose : décoré de tableaux de maîtres baroques, de somptueux meubles anciens, d’armures, le château offre de l’espace à ne savoir qu’en faire. Nestor, le majordome, fait en quelque sorte partie des meubles.
La crypte :
Dans l’album Le Secret de la Licorne, Tintin qui a été chloroformé et enlevé, se réveille dans une vaste cave qui lui est inconnue. Issue d’un parlophone, une voix mystérieuse et menaçante lui fait savoir qu’on attend de lui qu’il restitue deux précieux parchemins.
Avec ingéniosité, le reporter défonce alors un mur de briques et se retrouve dans une crypte encombrée d’antiquités diverses.
Après une course poursuite avec ses ravisseurs, Tintin parvient à leur échapper, monte un escalier en colimaçon et, pour la première fois, pénètre dans un château qu’il apprend être celui de Moulinsart.
Au terme du deuxième volet de cette aventure, dans l’album Le Trésor de Rackham Le Rouge, Tintin retournera dans cette crypte. Il y sera accompagné du capitaine Haddock qui vient d’acquérir le château de son aïeul.
« Nous sommes sûrement dans une ancienne chapelle » fait pertinemment remarquer Tintin à son compagnon.
Ensemble, ils découvriront, aux pieds de la statue de Saint-Jean l’Evangéliste, le trésor du célèbre flibustier qu’ils ont cherché « au bout du monde ».
Le salon :
Alors que Tintin et Haddock s’adonnent aux joies paisibles d’une promenade bucolique et que le capitaine disserte sur les bienfaits du silence, un orage se prépare.
Surpris par sa violence, nos héros regagnent précipitamment le château. En toute hâte, ils traversent, sous la pluie, le parc ou des personnages inquiétants se trouvent embusqués.
Ils sont à peine rentrés que la foudre tombe à proximité et que le tonnerre éclate. Et, premier incident inexplicable de cette palpitante aventure qu’est l’Affaire Tournesol, les vitres d’une double fenêtre volent en éclats !...
Le laboratoire :
Excédé par la multiplication des mystères malfaisants qui s’acharnent sur Moulinsart :coups de feu, un énigmatique blessé qui disparaît du parc, bris de verre de toute nature, Milou qui hurle à la mort, Tintin décide le capitaine un rien réticent , de visiter le laboratoire du professeur Tournesol.
La veille, ce dernier a quitté le château pour se rendre à Genève ou il assistera à un congrès de physique nucléaire.
Profitant de son absence nos héros parcourent les étranges installations du laboratoire. Ils y découvrent la dernière invention de l’inoffensif professeur, basée sur l’utilisation des ultrasons. Les expérimentations liées à ces travaux apportent alors l’explication des incidents récents qui ont fait de Moulinsart un lieu touristique et un sujet pour la presse internationale. Mais le vrai drame est ailleurs. Car, si des individus malveillants se rendaient maîtres des résultats des expériences du savant ils les utiliseraient à des fins guerrières avec des conséquences aussi imprévisibles que terrifiants pour l’humanité.
La chambre de Tintin :
Les lecteurs ont découvert l’appartement de Tintin, au 26 de la rue du Labrador dans l’Oreille Cassée. Il est sommaire et sobrement décoré.
Si l’appartement de Tintin est donc bien connu des lecteurs, la chambre qu’il occupera plus tard à Moulinsart n’a, jusqu’à présent, jamais été dévoilée.
A force de fréquenter le château Tintin après un déménagement des plus discrets, va s’y installer définitivement.
Jusqu’à nos jours, ce que nul n’aurait soupçonné, c’est que Tintin fut conservateur.
En effet, des ses multiples aventures, il a conservé bons et mauvais souvenirs, coupures de presse, affiches, photos…autant d’archives, rigoureusement authentiques, qui témoignent de son extraordinaire destin et retracent son fabuleux itinéraire.
Hergé qui, par pudeur vis-à-vis de son héros, n’a jamais permis aux lecteurs de pénétrer dans la chambre de Tintin à Moulinsart, a implicitement occulté cet aspect de sa personnalité, attitude finalement très naturelle de la part d’un reporter.
Abdallah :
A l’attention de nos visiteurs, il n’est peut-être pas inutile de rappeler dans quelles circonstances Tintin fit la connaissance d’Abdallah, fils de l’Emir Ben Kalish Ezab.
Dans l’album, Tintin au Pays de l’Or Noir, le fils bien aimé du souverain de l’émirat du Khemed est l’otage de l’odieux professeur Smith, alias le docteur Muller. Ce dernier intrigue pour une compagnie pétrolière concurrente de celle dans laquelle l’Emir a placé sa confiance.
Malgré la mauvaise volonté du prince, Tintin délivre l’intéressé et renverse la situation. Car contrairement au portrait idyllique qu’en trace son père : « Le plus extraordinaire petit diablotin que l’on ait jamais vu !...mon trésor…mon petit oiseau en sucre…ma petite gazelle »
Abdallah est un enfant tout à fait infernal. Parfaite illustration du « no frustred child », version khémédite, il réapparaît plus insupportable que jamais dans l’album Coke en Stock.
En effet, redoutant un coup d’Etat imminent fomenté par son éternel rival, le Sheik Bab El Ehr, l’Emir confie la garde de son fils adulé à son ami, le capitaine Haddock : « O Ami très précieux ..je suis sûr qu’Abdallah trouverait chez toi chaleur d’affection, asile et repos » .
Aussitôt écrit, aussitôt fait. Et, comme le précise un Nestor visiblement dépassé par la culture orientale : « Monsieur !...C’est épouvantable !...Tous ces étrangers se sont installés…dans le grand salon ! »
Le Supercolor Tryphonar
Dans ce théâtre qu’est devenu, pour la circonstance, Moulinsart, ses habitants se heurtent à l’inévitable diva Bianca Castafiore, auto-invitée. Tous les codes de la bande dessinée s’y trouvent bouleversés.
Tournesol, lui-même, n’y échappe pas. Il tombe amoureux. Et de qui ? De la diva, bien sûr !
Dans un premier temps, il se méprend et la considère comme un peintre, mais soit ! Le professeur va cependant délaisser ses cultures de roses pour renouer avec la science. Alors que lui-même est fondamentalement sourd, il parviendra à rendre partiellement aveugles ses invités lors d’une expérience mémorable, la diffusion d’images en couleurs sur un appareil de son invention, baptisé le Supercolor Tryphonar.
Et la soirée de virer presqu’aussitôt à la tragédie ; tout tourne à la catastrophe : un projecteur saute, l’image, le son, la vision deviennent insupportables. Les larmes jaillissent et la vue de chacun se brouille.
A la demande générale, le calvaire s’interrompt enfin. Observons que cette expérience restera sans lendemain, permettant au professeur de retrouver ses rosiers et de créer la rose « Bianca » qui lui vaudra un inoubliable baiser de la cantatrice. |